Nimporte Quoi
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Une opération de nettoyage est en cours sur le Mont Everest

4 mai 2019
Depuis que Edmund, Hillary et Tenzing Norgay ont atteint, les premiers, le Sommet du Monde, le 29 mai 1953, soit il y a 66 ans, les alpinistes ne cessent d’abandonner, sur la piste, les différents camps et les secteurs environnants, des objets en tentant de répéter leur exploit; objets qu’ils ne rapportent pas une fois leur expédition terminée. Il s’agit de différentes pièces d’équipement d’escalade, de bouteilles, de tentes fluorescentes, de différents articles en plastique, de bonbonnes d’oxygène généralement vides, de conserves et aussi d’excréments humains. À cause de l’action, ou plutôt la non-action, humaine, le mont Everest est devenu, au fil des ans, le plus haut dépotoir à ciel ouvert du monde; un dépotoir qui culmine à 8,848 mètres (29,029 pieds).

Son nettoyage se poursuit depuis de nombreuses années. Une campagne a été menée sur la piste de l’Everest dans la région de Solu Khumbu en 2003. Une autre s’est déroulée en mai 2010. Le groupe de 20 grimpeurs népalais a alors ramassé 1,800 kilogrammes (environ 2 tonnes) d’ordures. La fonte accélérée des glaciers a cependant permis de constater l’étendue du problème. Les gouvernements des deux côtés de la montagne - le Népal et la Chine - ont donc décidé de s’attaquer à cet important problème. Cette année, le gouvernement du Népal a mandaté une équipe de 14 personnes pour tenter de nettoyer la montagne. Leur objectif est de ramener 10,000 kilos (environ 11 tonnes) de déchets en un mois et demi. En deux semaines, le groupe a réussi à en redescendre trois tonnes (environ 2720 Kilos).

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« La campagne de nettoyage vient tout juste de débuter et déjà certains de ses membres ont atteint les camps situés plus haut dans la montagne afin de récupérer encore plus de déchets » a déclaré Dandu Raj Ghimire, le responsable du département touristique du Népal. Huit membres de l’équipe nettoient actuellement le camp 2 situé à une altitude de 6,400 mètres (environ 21,000 pieds) tandis que de plus petites équipes de trois personnes vont monter à tour de rôle au camp 4 situé à 7,950 mètres (26,000 pieds) où ils vont passer 15 jours à récolter les déchets jonchant les pentes enneigées. Un hélicoptère de l’armée a, jusqu’à maintenant, transporté le tiers des ordures ramassées à Kathmandu, la capitale, afin qu’elles soient recyclées. Les détritus biodégradables sont transportés dans le district voisin d’Okhaldhunga où ils seront éliminés.

Afin de diminuer la quantité de déchets abandonnés par les grimpeurs, le gouvernement du Népal impose à chaque équipe, et ce, depuis six ans, un dépôt « vidanges » de 4000 $ US. Ce montant est cependant remboursé si chaque membre de l’équipe rapporte au moins huit kilos (18 livres) de déchets. Malheureusement, seulement la moitié des participants en ramène. En février, la Chine a même interdit l’accès au camp de base du Tibet aux personnes qui n’effectuaient pas l’ascension dans une tentative de réussir à nettoyer leur côté de la montagne en empêchant que davantage de déchets s’y accumulent.

Jusqu’à ce jour, environ 4800 personnes ont essayé d’effectuer l’ascension de l’Everest depuis la première tentative en 1921. L’an dernier, 807 ont atteint le sommet. Malheureusement, 300 personnes, alpinistes ou sherpas, sont mortes en tentant de réussir l’exploit; certaines d’entre elles servent même, depuis des années, de point de repaire le long de la piste. Plusieurs corps ont été récupérés lors des différentes expéditions de nettoyage, mais environ les deux tiers, préservés par les éléments, y sont encore prisonniers. L’amincissement de la glace fait cependant ressurgir les plus anciens. Plus les cadavres sont près du sommet, plus il est difficile et coûteux de les redescendre; il en coûterait entre 40 000 $ à 80 000 $ pour chacun d’eux. Pour Alain Annette, un alpiniste réputé, la récupération d’un alpiniste décédé durant l’ascension est un sujet délicat. « La plupart des alpinistes aiment qu'on les laisse dans les montagnes s'ils meurent. Il serait donc irrespectueux de les enlever, à moins qu'ils n'aient besoin d'être déplacés de la voie d'escalade ou que leurs familles les demandent » croit-il.

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La campagne de nettoyage va se poursuivre durant les prochaines saisons aussi de façon à ce que la plus haute montagne du monde soit propre. « C’est notre responsabilité de garder notre montagne propre » a affirmé Ghimire.

Selon vous, nettoyer le Sommet du Monde, est-ce réalisable ou même souhaitable?

Crédit : dailymail.co.uk

Crédit : Ici Radio-Canada